Centre Culturel de l'Entente Cordiale - Château d'Hardelot - Le 22 Février 2012 - 20h56
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Centre Culturel de l'Entente Cordiale - Château d'Hardelot

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A Cleare day

Publié le 5 Janvier 2011

Lors de la première édition du Midsummer festival, en juin 2010, le claveciniste Kenneth Weiss a enregistré pour le label Satirino, "A Cleare Day ", premier épisode d’une série de CDs composés d’extraits du célèbre Fitzwilliam Virginal Book. Ce premier volume, interprété sur trois instruments différents (un virginal, un clavecin flamand et un clavecin italien) se clôt sur l'extraordinaire "Walsingham" de John Bull.

Ce projet est la première coproduction discographique du Centre Culturel de l'Entente Cordiale.

Date de sortie prévue au printemps 2011. Plus d'informations sur le site de Satirino : www.satirino.fr

Programme

(1) virginal
(2) clavecin flamand
(3) clavecin italien

1 - John Munday c1555 - 1630
Fantasia (2) - 3’55
Faire Wether, Lightning, Thunder, Calme Wether, Lightning, Thunder, Faire Wether, Lightning, Thunder, Faire Wether, Lightning, Thunder, A cleare Day

2 - John Dowland 1563 - 1626 set by William Byrd
Pavana Lachrymae (3) - 5’31

3 - William Byrd 1542? - 1623
Galliard (3) - 1’28

4 - Peter Philips c1560 - 1628
Amarilli di Julio Romano (1) - 3’29

5 - Anonyme
Why aske you (1) - 1’10

6 - Giles Farnaby 1560 - 1640
Wooddy-Cock (3) - 6’43

7 - Orlando Gibbons 1583 -1625
Pavana (1) - 2’46

8 - William Byrd
The Woods so Wild (2) - 3’55

9 - Martin Peerson c1571 - 1651
The Fall of the Leafe (1) - 1’56

10 - Thomas Tomkins 1572 - 1656
Barafostus Dreame (2) - 5’35

11 - William Byrd
The Queenes Alman (1) - 3’03

12 - Ferdinando Richardson c1558 – 1618
Pavana-Variation (2) - 4’41

13 - Ferdinando Richardson
Galliarda-Variation (2) - 3’13

14 - John Bull c1562 - 1628
Walsingham (3) - 16’05

Présentation

Si vous regardez vers l’extérieur par la croisée d’un manoir anglais, vous ne manquerez pas de constater ces changements météorologiques rapides si étrangement illustrés par Mundy dans la "Fantaisie" qui donne son titre au présent enregistrement. Telles sont les vicissitudes de la météo anglaise, qui s’expliquent par notre vent dominant du Sud-Ouest. Idée surprenante, de la part de ce compositeur plutôt inclassable, que de représenter cela dans le haut du registre du virginal, avec une touche de "musique pour l’œil" : les notes blanches pour les nuages qui passent, et les noires pour les coups de tonnerre soulignés par des galopades et des accords fracassants dans les basses. C’est bien une véritable fantaisie telle que le compositeur Thomas Morley en caractérisait le genre dans sa Plain and Easy Introduction to Practical Music de 1597 :

… La fantaisie, c’est lorsqu’un musicien se saisit d’un trait selon son plaisir, puis le met en pièces et le tourne à son goût, le réduit ou l’amplifie selon ce que lui inspire sa propre ingéniosité …

Les hypothèses adoptées puis écartées font partie de l’histoire du Fitzwilliam Virginal Book qui doit son nom au riche bienfaiteur du 19ième siècle, Richard Fitzwilliam, septième vicomte de Merrion, et fondateur du célèbre musée qui porte son nom à Cambridge. C’est là qu’est encore conservé le manuscrit que Fitzwilliam acheta au marchand de musique Robert Bremner, lequel l’avait lui-même acheté pour dix guinées à la succession du compositeur Dr Pepusch en 1762. La femme de ce dernier, la chanteuse Margherita de L’Épine, s’était fait une réputation en jouant certaines des pièces les moins difficiles du recueil : détail intéressant qui confirme qu’elles étaient encore en vogue à la fin du 18ième siècle. Elle ne se risquait cependant pas, semble-t-il, à jouer les pièces les plus difficiles comme les terribles Variations Walsingham.

Le titre de cette anthologie ne dit donc rien de la façon dont elle s’est constituée. Comme son histoire eut été plus glorieuse si le nom sous lequel on la connaissait à l’époque victorienne s’était perpétué ! Avant son édition monumentale dans les dernières années du 19ième siècle on l’appelait Queen Elizabeth’s Virginal Book, nom qui ramène non seulement à une époque et à une cour prestigieuses, mais qui suggère aussi quel pouvait être le statut social de la musique pour clavier au tournant du 16ième siècle.

Somptueusement relié de marocain rouge doré au fer, et finement décoré de fleurs de lys d’or, c’est sans aucun doute un volume digne d’un monarque. Mais les deux éditeurs du recueil, Fuller Maitland et Barclay Squire, faisaient remarquer dans leur volumineuse préface qu’Elisabeth, morte en 1603, n’avait pas pu le posséder : plusieurs morceaux datent d’après sa mort, et le dernier, œuvre de Sweelinck, date de 1613. Il est cependant possible qu’elle ait connu une partie de son contenu, de nombreuses pièces ayant été recopiées de recueils plus anciens.

On sait qu’elle jouait effectivement du virginal : un certain Sir James Melville, ambassadeur de Marie, reine d’Écosse, se souvient avec bonheur d’avoir laissé traîner une oreille indiscrète auprès de la reine Élisabeth en 1564 :

Après dîner Lord Hunsdean me conduisit vers une galerie écartée […] d’où je pouvais écouter la reine jouer du virginal […] J’entrai dans la chambre, et restai assez longtemps à l’écouter jouer merveilleusement bien, mais elle se retira immédiatement dès qu’elle se fut retournée et qu’elle m’eut aperçu.

Si ce souvenir ne nous renseigne pas sur le fait qu’elle ait ou non possédé le recueil, il nous informe sur le rôle qu’occupait la musique pour clavier dans l’intimité des sphères les plus élevées de la cour à la fin du 16ième siècle : un moment consacré à soi-même, pour se souvenir en cachette des airs et des danses populaires, ou de musiques plus ou moins raffinées, et pour se perfectionner dans l’art musical qui est parfois extrêmement compliqué.
En fouillant dans l’histoire du manuscrit nous découvrons d’autres hypothèses et d’autres controverses. Une famille de Cornouailles est visiblement profondément impliquée dans sa constitution : un père et son fils, tous deux appelés Francis Tregian, catholiques "récusants" incarcérés l’un après l’autre à la prison de Fleet pour leurs convictions. On en sait assez sur eux pour suggérer que le titre The Tregian Manuscript aurait sans doute été plus approprié pour le recueil.

On admet que Tregian "le jeune" (1574-1617) s’était vu confier la tâche de recopier l’ensemble du manuscrit par ses premiers éditeurs qui pensaient que ce gros travail l’aiderait à supporter les quelque 20 années qu’il passa dans la prison de Fleet. Ce n’est qu’assez récemment qu’un chercheur a trouvé un spécimen de la signature de Tregian sur un document de la bibliothèque de Truro en Cornouailles, près du domaine familial qui avait été saisi suite à la condamnation de son père. Elle correspondait à l’abréviation de son nom qu’on trouve souvent dans le Virginal Book.

Tout n’est pas clair, cependant : comment aurait-il pu avoir accès à toutes les sources du manuscrit depuis sa prison ? D’après une autre théorie, le manuscrit aurait été mis en forme par un scriptorium, une équipe de copistes, et Tregian aurait été associé à ce travail. Mais là encore, on peut se poser certaines questions : quel en était l’objectif, et qui payait ce travail ?

Voilà pour son origine. Quelle est son importance en tant que source, et comment caractériser son contenu ? On peut répondre à la première question en soulignant la richesse incomparable de cette compilation. Pour de nombreuses pièces ce n’est pas la seule source, mais il y a des exceptions notables comme la musique de Giles Farnaby. Il est constitué essentiellement de musique anglaise bien qu’on y trouve des influences de l’activité musicale continentale qui a si profondément transformé le cours de la musique à l’époque : certaines oeuvres de compositeurs italiens, certaines intabulations (transcriptions en tablatures pour clavier) de musique italienne (chansons et madrigaux célèbres) et certaines pièces de compositeurs flamands, en particulier du maître hollandais du clavier Jan Pieterszoon Sweelinck.

Richard Langham Smith - traduit par Joël Surleau

Kenneth Weiss, clavecin

Kenneth Weiss est né à New York où il suit ses études à la High School of Performing Arts. Il reçoit le diplôme du Conservatoire d'Oberlin aux États-Unis, puis continue ses études de clavecin avec Gustav Leonhardt au Conservatoire Sweelinck d'Amsterdam.

Entre 1990 et 1993, Kenneth Weiss travaille avec l'ensemble Les Arts Florissants en tant qu'assistant musical de William Christie et participe à un grand nombre de productions et d’enregistrements. Plus tard, il dirige le spectacle Doux Mensonges de Jiri Kylian à la tête des Arts Florissants à l’Opéra de Paris avant de devenir co-directeur avec William Christie des trois premières éditions du Jardin des Voix des Arts Florissants en 2002, 2005 et 2007.

Depuis lors, Kenneth Weiss se concentre sur le récital, la musique de chambre et la direction d’orchestre. Il donne des récitals à Nüremberg, Montpellier, B arcelone, Dijon, Genève, Anvers, la Cité de la musique à Paris, Madrid, au Festival de la Roque d’Antheron, Santader, Barcelone, Lisbonne, San Sebastian, au Festival d’Innsbruck, et à Santiago de Compostelle.

Kenneth Weiss se produit en tant que soliste avec Europa Galante, direction Fabio Biondi, ou encore avec le Collegium vocale Gent dirigé par Philippe Herreweghe et depuis 2005 se produit en récital avec Fabio Biondi - Festival d’Aix en Provence, Théâtre de la Ville.

En collaboration avec la danseuse chorégraphe Trisha Brown, Kenneth Weiss assure la direction musicale du ballet MO sur l'Offrande Musicale de J. S. Bach, dont la création a lieu à la Monnaie de Bruxelles, suivie d’une tournée internationale.

En décembre 2004, Kenneth Weiss assure la direction musicale d'une nouvelle production scénique de Dido & Aeneas de Purcell à l'Académie Européenne de Musique d'Aix en Provence, reprise au Festival d’Aix-en-Provence en juillet 2006. Réinvité par l’Académie d’Aix en Provence, il est à la tête du projet mis en scène autour du Combatimento de Monteverdi pour l’édition 2007 du Festival. En 2008, Kenneth Weiss dirige des reprises des productions de Dido & Aeneas et du Combatimento aux Opéras de Lille, Bordeaux et Monte Carlo. En juillet 2008 il dirige une production scénique de deux ‘Tonadillas Escenicas’, divertissements espagnols de la 2ième moitié de 18ième siècle d’Esteve et de B. de Laserna, au Festival d’Almagro, ainsi qu’une production scénique de Dido & Aeneas à Madrid avec l'ensemble espagnol Forma Antiqva.
Kenneth Weiss dirige l’Orchestre National des Pays des Loire, l’Orchestre de Rouen, l’Orchestre de l’Académie Européenne de Musique d’Aix-en-Provence en tournée en Espagne, ainsi que l’Orchestre des Pays de Savoie. Il dirige également The English Consort en France, en Espagne et en Allemagne dans un programme de concertos d’orgue de Haendel, ainsi que l'ensemble belge B'Rock dans un programme de concertos pour clavecin et pianoforte de Bach à Gand et à Bruxelles. Enfin, il dirige l'orchestre Danois Concerto Copenhagen dans une tournée de la Brockes Passion de Handel au Festival des Cathédrales en Espagne.

En 2010 Kenneth Weiss se produira en duo avec la violoniste Monica Huggett au Carnegie Hall à New York et en tournée en France avec Fabio Biondi. Il dirige Les Noces de Figaro de Mozart à la Cité de la musique à Paris et le Couronnement de Poppée de Monteverdi aux opéras de Bilbao et d’Oviedo et sera pour la première fois à la tête de l’Ensemble Orchestral de Basse Normandie. Kenneth Weiss participe au premier concert européen du Juilliard Baroque à l’Auditorium National de Madrid avec une intégrale des concertos Brandebourgeois de J. S. Bach.
En 2011 Kenneth Weiss dirige l'orchestre portugais sur instruments d'époque Divino Sospiro, The English Concert, Concerto Copenhagen et l'Orchestre de Rouen. Il donne de nombreux récitals et en particulier une tournée avec les Variations Goldberg au Japon.

En 2001 Satirino records sort le premier CD d’une série d’enregistrements de récital clavecin par Kenneth Weiss qui reçoivent de nombreux prix ; les Partitas de J. S. Bach, sonates de Scarlatti, Rameau, Opera & Ballet transcriptions, (sur deux des instruments historiques du Musée de la musique à Paris), un album comprenant le Concerto Italien, l’Ouverture à la Française et la Fantaisie et Fugue Chromatique de J. S. Bach, les "Essercizi per gravicembalo" de Scarlatti coproduit avec le label de musique espagnole de la Caja Banque Madrid, Los SIGLOS de ORO, un enregistrement live des Variations Goldberg lors d'un récital au Théâtre Saint-Louis à Pau, et un enregistrement d'extraits du Fitzwilliam Virginal Book, également live au Château d'Hardelot dans le cadre du Midsummer Festival, sortie au printemps 2011. En 2011 il enregistre également les sonates pour violon de Bach avec Fabio Biondi.

Kenneth Weiss enseigne au Conservatoire National Supérieur de Musique et de danse de Paris et vient d’être nommé professeur de clavecin à la Juilliard School de New York.

Septembre 2010

Photos : Rémi Vimont
Photos de la pochette du disque : Arthur Forjonel

Liens externes

Satirino

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