Les personnages principaux de « Un chant de Noël » ont de quoi dérouter. Ebenezer Scrooge est un vieil avare au mauvais caractère, au physique ingrat et à la répartie cinglante. Les trois esprits, dont la venue est source d’angoisse, provoque à la fois l’effroi, la pitié, la joie et la souffrance.
Dickens a puisé dans les « mummers », ces troupes théâtrales anglaises qui sillonnaient le pays à la Renaissance, et dans les textes de ses prédécesseurs (« Un conte d’hiver » de Shakespeare, les écrits de Byron ou de Mary Shelley), la profondeur et la théâtralité de son roman sur Noël.
Aujourd’hui, Scrooge est même devenu un nom commun en Angleterre, et son roman est la base du Noël britannique actuel.
Une spécificité anglaise qui surprend les Français, qui ont du mal à associer des personnages aussi détonants à leur « esprit de Noël ».
Un Français, malgré tout, s’est intéressé à ces personnages et à leur mise en scène. Gustave Doré, illustrateur romantique, reconnu mondialement de son vivant, monstre sacré de l’art français, ne pouvait qu’être intrigué par le recueil de Dickens et l’illustre dans une version publiée et republiée tout au long du XXe siècle en France. C’est par Gustave Doré que l’œuvre de Dickens s’est diffusée en France.