Propriétaire du château d'Hardelot de 1865 à 1893, Henry Guy a fait bâtir le manoir néogothique du château d'Hardelot. Il y a vécu jusqu'à sa mort entouré de sa famille, découvrez -le à travers 5 mots qui caractérisent cet homme mystérieux. 

Néogothique

Henry Guy est vraisemblablement celui qui a fait construire le manoir néogothique du château d’hardelot entre 1865 et 1872. En effet, malgré divers écrits plus ou moins anciens qui attribuent la construction du manoir à Sir John Hare, le cadastre et les recensements n’évoquent jamais pareil édifice de son vivant. Henry Guy devient propriétaire du lieu en 1865, six mois après la mort de Sir John Hare, et c’est en 1872 qu’apparait au cadastre l’augmentation « château ». C’est en 1872 également que la famille Guy commence à apparaitre dans les recensements domiciliés à cette adresse. C’est donc probablement entre ces deux dates que le manoir est construit.

Le manoir néogothique appartient au style du même nom qui fait fureur en France comme en Angleterre au XIXe siècle. Appelé Gothic Revival outre-Manche, il se diffuse dans tous les arts et, particulièrement en Angleterre, dans tous les objets du quotidien.

Au-delà du manoir, Henry Guy fait remanier les remparts médiévaux restants, les décorant de petits créneaux.

Façade du manoir néogothique du château d'Hardelot. Image: Yannick Cadart - CD62

Famille

Henry Guy est à la tête d’une grande famille. Il s’est marié une première fois en 1840 avec Nancy Hazelby. Ils ont deux enfants : Ellen et Henry junior. Nancy meurt en donnant naissance à son fils, atteint de nanisme. Henry Guy se remarie en 1850 avec Helen Barlow, apparemment chanteuse d’opéra avant son mariage. Ils ont quatre enfants : Cecil, Caroline, Helen et Edith.

La famille vit dans des maisons cossues de la banlieue londonienne avant de déménager, en 1856, dans le Nord de la France, à Questrecques, à Samer puis au château d’Hardelot. Ils y mènent une vie bourgeoise et discrète. De ce que nous savons, ils se mêlent peu à la population locale (contrairement à Sir John Hare et John Robinson Whitley) et fréquentent leur cercle familial et amical proche.

A la fin des années 1880, les enfants ont grandi et sont partis vivre leur vie, excepté Henry Guy junior qui reste vivre au manoir auprès de ses parents. Mme Guy y décède en 1889 et Henry Guy en 1893. Ils sont enterrés tous les deux dans le cimetière de Condette.

Inde

Henry Guy a été capitaine dans la marine marchande au sein de la Compagnie des Indes Orientales. A ce titre, il vit de nombreuses années à Calcutta. C’est là qu’il se marie avec Nancy. L’Inde traverse sa vie et on en retrouve des traces des années plus tard dans le manoir néo-gothique du château d’Hardelot. Quatre peaux sont désignées dans l’inventaire après décès d’Henry Guy. Se pourrait-il qu’il s’agisse de peaux de tigres, héritage de sa vie passée à Calcutta ?

Musique

La femme d’Henry Guy, Helen Barlow, a, semble-t-il, abandonné sa carrière de chanteuse d’opéra après son mariage mais la musique reste néanmoins très importante dans sa vie et dans celle de ses enfants. C’est elle qui se charge de leur éducation. Helen Guy, devenue Guy d’Hardelot, indique dans ses interviews, que sa mère formait ses enfants au chant et à la musique et que le château résonnait de compositions musicales à longueur de journée. Des propos corroborés par l’inventaire après-décès qui mentionne la présence de quatre pianos dans le manoir : dans le salon, dans la salle de billard, dans l’antichambre et dans l’une des chambres à coucher.

Les deux cadettes de la famille, Helen et Edith, sont toutes deux devenues compositrices sur piano une fois adulte, avec une certaine notoriété, concernant Helen, qui prend le nom de Guy d’Hardelot.

The portraits series, Guy d'Hardelot album (volume II), D2017.0.5, collection privée (image: CD62)
Partition de "Because", composée et écrite par Guy d'Hardelot, D2017.0.3, collection privée. Image: Jérôme Pouille - CD62

Mystère

La famille à qui l’on doit le manoir actuel est aussi l’une des plus mystérieuses de l’histoire du château. Vivant dans un cercle fermé, sans activités publiques, ils ont laissé moins de traces dans les archives que Sir John Hare et John Robinson Whitley. Les archives connues pour le moment sont celles conservées aux archives départementales du Pas-de-Calais, aux Archives Nationales anglaises, celles de la presse francophone et anglophone lorsque Guy d’Hardelot est interviewée ainsi que les registres de naissance, de mariage et de mort que nous pouvons consulter à distance.

Le château conserve également un fond de partitions et d'autographes de Guy d'Hardelot, qui donnent plus de corps à cette famille qui a changé l'histoire du château d'Hardelot.