Transcription de la conférence donnée le 11 décembre 2022  dans le cadre de l'exposition temporaire "William Morris, l'art dans tout" présentée au musée La Piscine de Roubaix (8 octobre 2022 - 8 janvier 2023).

Préambule

Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie et honorée d’animer cette conférence aujourd’hui. Je remercie le musée La Piscine de nous avoir programmer afin de vous faire découvrir ou redécouvrir le château d’Hardelot et ses liens avec le travail de William Morris.

Je vais d’abord vous présenter rapidement l’histoire du château et ses activités actuelles. Puis, je vous parlerai du projet de reconstitution des intérieurs, la naissance des collections permanentes durant l’automne-hiver 2013-2014 et comment le travail et la philosophie de William Morris ont été intégrés. Enfin, j’évoquerai comment, au jour et le jour, nous mettons en valeur William Morris auprès du public et comment celui-ci le reçoit.

Introduction : l’histoire du château

Le château d’Hardelot se situe entre Boulogne-sur-Mer et Le Touquet, sur la côte d’Opale. Il apparait dès le XIe siècle dans les textes et dans les traces archéologiques. Il s’agissait probablement d’un château de bois, gouverné par un seigneur local, destiné à protéger la population environnante des attaques des vikings.

Aux XIIe et XIIIe siècles, le château entre sur le territoire du comté de Boulogne (Pas-de-Calais) et les comtesses de Boulogne s’attachent au lieu. En 1231, il est reconstruit en pierre, en même temps et sur le même modèle que le château fort de Boulogne-sur-Mer. Les deux forteresses étaient donc jumelles.

Au XVe siècle, la côte d’Opale et donc le comté de Boulogne est rattaché au royaume de France. Le château d’Hardelot devient forteresse royale.

Au début du XVIIe siècle, après avoir protégé des protestants dans son enceinte en pleine guerre de religion, le château fort est détruit, démantelé et désarmé sur l’ordre du roi de France. Aujourd’hui il ne nous reste donc que des ruines de cet imposant château fort médiéval.

En 1791, les ruines sont vendues comme bien national et passent entre les mains de quatre anglais entre 1848 et 1932. Leur passage va profondément transformer le lieu. Henry Guy, en particulier, construit sur les restes médiévaux un manoir néo-gothique, entre 1865 et 1872, pour y loger avec sa famille. Fortement décrié lors de sa construction, c’est pourtant ce manoir qui fait le charme du lieu aujourd’hui.

En 1958, l’abbé Bouly, dernier propriétaire du château, meurt et lègue le lieu aux associations de loisirs de la commune de Condette. Celle-ci rachète le château en 1986. Devant la difficulté d’entretenir un tel édifice, elle s’associe au Département du Pas-de-Calais en 2001, lui donnant carte blanche pour restaurer et mettre en valeur leur patrimoine communal.

Aujourd’hui, le château d’Hardelot est donc un établissement public, ouvert toute l’année au public, géré par le Département du Pas-de-Calais. Ses missions sont de mettre en valeur l’histoire et la culture franco-britannique à travers ses pierres, ses collections, ses jardins, ses expositions temporaires et son théâtre élisabéthain. Le lieu est tourné vers cet objectif dans ses moindres détails : la décoration du manoir (nous allons largement en reparler), le choix des œuvres et des expositions présentées, les espèces de plantes qui y poussent, les spectacles qui y sont proposés, ainsi que les visites, les ateliers, que ce soit pour les tout-petits, les seniors ou les scolaires. Le château d’Hardelot respire le British par tous ses pores.

Une mission importante car l’influence britannique sur le Pas-de-Calais et les Hauts-de-France est réelle et profonde mais largement oubliée. Importante également à l’heure du Brexit, qui nous oblige à mettre encore plus en valeur ce qui nous unit plutôt que ce qui nous divise. 

Dans la conférence d’aujourd’hui, nous allons nous concentrer sur les arts décoratifs présents au château d’Hardelot et en particulier, évidemment, l’utilisation du travail et de la philosophie de William Morris en son sein.

1ère partie : la reconstitution des intérieurs du château, ou comment mettre en valeur les arts décoratifs franco-britanniques harmonieusement

Après une première campagne de restauration en 2008 qui a permis d’ouvrir le château d’Hardelot au public et de lui proposer un premier programme culturel, une seconde campagne de travaux a été réalisée durant l’automne-hiver 2013-2014.

Ces travaux, réalisées peu de temps après les premiers, avaient pour objectif de redonner un décor victorien aux intérieurs du château. En effet, les premiers travaux avaient restauré les murs, les sols et les plafonds mais les salles étaient vides, accueillant en été une exposition temporaire sur une thématique franco-britannique (Charles Dickens, l’inimitable en 2011 ; Le camp du drap d’or en 2012 par exemple). Malgré la qualité des expositions proposées, les visiteurs étaient frustrés du décalage esthétique entre l’extérieur et l’intérieur du manoir. L’idée étaient donc de reconstituer des intérieurs victoriens, les plus proches possibles de ce qu’était le manoir à l’époque d’Henry Guy, qui l’a bâti, tout en racontant la formidable et tumultueuse histoire franco-britannique à travers non seulement les œuvres d’art mais aussi le mobilier et le décor.

Le choix a été de faire intervenir des artisans locaux pour réaliser les travaux. Carreleurs, staffeurs, horlogers ou menuisiers sont ainsi largement des artisans du Boulonnais. Encadré par Gaël Noblanc, architecte des bâtiments de France, ces artisans étaient à même de travailler les matériaux choisis pour décorer le manoir.

L’idée était de mettre en valeur le travail artisanal. Même si le décor du château est refait, et que de fait, il n’est pas historique, il est artisanal, réalisé à la main, à partir de matériaux de qualité, grâce à des personnes ayant un savoir-faire. Je crois que cette façon de faire aurait plu à William Morris.

Une autre idée qui a guidée le chantier était que le décor parle de lui-même du franco-britannique. Que, sans cartel, sans panneau, mais simplement en circulant dans les pièces, le visiteur sente, voit, observe, vive finalement, les arts décoratifs du XIXe siècle. L’objectif recherché était que la visite du château d’Hardelot soit une expérience immersive, que le visiteur entre et soit transporté dans un autre temps, comme s’il ouvrait un livre pop-up.

Cette notion d’expérience dans les musées est très répandue dans le monde anglo-saxon. Je vous disais que le château d’Hardelot est British dans ses moindres aspects en introduction et, en effet, nous nous sommes inspirés consciemment des pratiques muséales anglo-saxonnes pour créer l’esprit et la philosophie du lieu.

Notre inspiration vient principalement du National Trust. Cette fondation anglaise a pour objectif de protéger les sites patrimoniaux d’Angleterre. Le patrimoine est pris ici au sens large : que ce soit des châteaux, des objets, des forêts, des plages, le National Trust protège ce qui a lieu d’être sauvegardé, pour tous et pour toujours, quel que soit sa forme. L’autre ambition du National Trust, aussi importante que la première, est que chacun puisse profiter de ces lieux protégés. Ils mettent un point d’honneur à ce que les familles, les enfants de 0 à 99 ans puissent profiter des sites dont ils ont la gestion.

William Morris défendait l’art pour tous. Le National Trust défend le patrimoine pour tous. La politique du château d’Hardelot et du Département du Pas-de-Calais suit la même logique : notre objectif est de permettre à chaque visiteur, quel que soit son âge, son niveau d’éducation, son budget ou son handicap de profiter de ce lieu patrimonial.

Pour créer une telle expérience, il a fallu s’intéresser aux moindres détails. Les matériaux choisis sont tous d’une grande qualité et évoquent à la fois la France et l’Angleterre. Toutes les couleurs de peintures du château, par exemple, sont des couleurs anglaises issues de la société Farrow & Ball. Créé en 1946 par M. Farrow et M. Ball, l’entreprise s’associe dans les années 1990 au National Trust pour participer à la restauration des châteaux dont géré par la fondation. C’est pourquoi bon nombre de châteaux anglais ont ces teintes particulières qui fait partie intégrante de leur charme et de leur caractéristique. Cela nous paraissait donc naturel d’intégrer la palette de Farrow & Ball dans la muséographie du château.

Nous avons aussi utilisé certains papier-peints de chez Zuber, une entreprise française qui est la seule encore à l’heure actuelle à produire des papiers-peints de manière artisanale, sur des machines en bois, actionnées à la main et aux finitions faites au pinceau, à la main.

Dans la salle de billard, vous retrouvez des carreaux ciments créés par la société anglaise Original Style qui réédite des motifs de sols victoriens. Ceux que nous avons choisi, Gladstone, Liverpool et Telford, ont été créés par Pugin, célèbre architecte anglais du XIXe siècle pour les intérieurs des Houses of Parliament de Londres.

L’escalier est recouvert de Lincrusta. Matériau inventé au XIXe siècle par un écossais, composé de poudre de bois et d’huile de lin, il est très solide une fois qu’il est posé.

Nous avons enfin utilisé certains motifs créés au XIXe siècle par William Morris. Il nous paraissait inenvisageable de ne pas intégrer le travail et la philosophie de William Morris dans les salles du château d’Hardelot tellement son intérêt pour le néo-gothique est important et tellement son influence sur les arts décoratifs de l’époque victorienne est importante. Et c’est ce qui va nous intéresser durant la deuxième partie de cette conférence.

2ème partie : les motifs William Morris dans les intérieurs du château

Dans l’esprit même du projet, nous avons un premier lien avec William Morris. En effet, comme le dit sa plus célèbre citation : « n’ayez rien dans votre maison qui ne soit pas beau ou utile ». Tous les matériaux, couleurs et motifs présents dans les intérieurs du château d’Hardelot ont un sens, une histoire et une raison d’être là. Dans le château, tout, dans ses moindres détails, a été pensé pour avoir quelque chose à raconter tout en étant beau à regarder.

Après avoir évoqué certains choix décoratifs entrant dans cette philosophie en première partie, je vais m’intéresser plus particulièrement aux motifs William Morris qui ont été choisis pour orner les pièces, les raisons de ces choix et le message qu’ils évoquent.

  • ANTICHAMBRE / The Original William Morris and Co, Blackthorn créé en 1883 pour Merton Abbey

Choisi pour habiller l’antichambre du château, le motif Blackthorn rappelle la couleur des murs (Breakfast room green de Farrow & Ball). L’intention est d’apporter de la sobriété après la visite du fumoir et du salon, d’inspiration néo-gothique, et de ne pas contrecarrer la luminosité et la clarté de la salle de billard juste à côté. Par ailleurs, l’antichambre est l’ancien vestibule d’entrée du manoir, un lieu de passage qui était donc plus sobrement décoré que le reste des pièces de la maison. De plus, la sobriété du décor met en valeur les caricatures et gravures exposées.

Blackthorn, Morris & co (tout droits réservés)
  • SALLE A MANGER / The Original William Morris and Co, Forest, 2013 par Alison Gee d’après W. Morris 1887

Dans la salle à manger, ce sont les plaisirs de la table qui sont au cœur du propos. Les animaux chassés et mangés au XIXe siècle sont notamment représentés grâce au motif Forest. Le renard et le lièvre sont des animaux chassés en automne, le second est particulièrement apprécié à table. Il en est de même pour le paon, qui est considéré encore aujourd’hui et depuis longtemps comme un mets de choix. Par ailleurs, le paon est un animal plein de symboles pour le Mouvement Esthétique.

De plus, le motif Forest s’inspire fortement des tapisseries médiévales qui étaient très appréciées dans les intérieurs victoriens.

Les motifs de William Morris - œuvres préférées de Jennifer

 

  • BIBLIOTHEQUE / The Original William Morris and Co, Strawberry thief, dessiné par Morris en 1883 pour Merton Abbey

L’un des motifs les plus célèbres de William Morris a pour fonction dans la salle de créer un contraste avec les murs qui sont recouverts du papier peint Farrow and Ball, motif Sylvergate en couleur jaune qui s’inspire des tapisseries françaises du XVIIIe siècle.  Cette juxtaposition de styles français et anglais permet de comprendre la révolution qu’ont constitué les motifs de William Morris. D’une nature figée, comme dans un herbier, on passe à une nature mouvante et naturelle qui apporte beaucoup de chaleur à l’intérieur de la maison. Pour le créer, William Morris s’est inspiré des grives qui mangeaient les fraises de son jardin.

  • CHAMBRE WHITLEY / The Original William Morris and Co, Artichoke créé par John Henry Dearle en 1898.

Ce motif impressionnant, l’un des plus célèbres de William Morris est là pour créer un décalage avec le mobilier français de style Charles X, en vogue dans les années 1830. Ce style de mobilier, en bois clair, présente une nature délicate et fine, dans l’esprit du 1er Empire, mais figée. Le motif Artishoke, avec ses tons bordeaux, ses reflets mordorés et ce style si particulier, nous montre une nature vibrante, avec une forte présence, qui change de ton et de relief en fonction de la luminosité des différentes heures de la journée. L’objectif est de comparer, sans juger, les différences entre les arts décoratifs des deux rives de la Manche.

  • CHAMBRE WHITLEY / The Original William Morris and Co, Branch, dessiné par William Morris en 1871.

Très moderne dans sa composition (les feuilles sont très naturelles), le rideau est attaché de manière très classique, avec un joli cordon et un gros pompon.

 

  • CHAMBRE WHITLEY / The Original William Morris and Co, Pimpernel dessiné par William Morris en 1876 et il s’en est servi pour décorer la salle à manger de sa maison d’Hammersmith (Londres).

 

Ce motif a également une forte présence mais apporte de la lumière et de la chaleur a la pièce. Il contraste une nouvelle fois avec les rideaux qui même s’il s’agit aussi d’un motif de la maison William Morris, montre une nature représentée de manière très classique.

C’est ce motif qui orne le catalogue de l’exposition actuelle « William Morris, l’art dans tout ».

  • CHAMBRE WHITLEY / The Original William Morris and Co, Garden craft, créé par W.A.S. Benson

Dans le bureau, on trouve le motif Garden carft, créé dans les années 1900. Contrairement au précédent, il est très classique (les motifs semblent figés) mais le rideau est accroché de façon moderne, c’est-à-dire sans cordon et pompon.

 

  • CABINET BOULY / The Original William Morris and Co, Willow créé par William Morris en 1874

Le cabinet de curiosités, qui est la dernière salle de la visite, a pour objectif de rappeler l’environnement sobre dans lequel travaillait l’abbé Bouly. Il s’agit aussi de créer un lien entre le manoir et les extérieurs, car c’est la seule pièce où une telle vue sur la nature est possible depuis l’intérieur. Il faut créer chez le visiteur une envie de grand air. La simplicité et la vivacité du motif Willow fait ainsi écho aux arbres du dehors. Le château est en effet entouré de jardins, d’une réserve naturelle, de deux forêts et un peu plus loin, on trouve la plage d’Hardelot-plage. Il n’est donc pas anecdotique d’inciter les visiteurs à poursuivre leur découverte en extérieur.

  •  Mobilier Arts & crafts

Les collections ont été garnies de mobilier Arts & crafts, notamment au 2e étage du château.

 

Pour finir cette présentation, j’aimerais m’arrêter sur la manière dont nous mettons en valeur le travail de William Morris au château et comment le public réagit à la présence de ces motifs.

 

3ème partie : la mise en valeur du travail de William Morris et la réception du public

La première mise en valeur du travail de William Morris est tout simplement de présenter certains de ces motifs dans leur jus dans les différentes salles du château. Nous sommes clairement dans l’expérience, presque inconsciente : le visiteur visite et voit l’esthétique de William Morris sans forcément s’en rendre compte. C’est particulièrement vrai pour le public français qui connait rarement William Morris et ne reconnait pas son travail. C’est moins vrai pour le public britannique qui, dès qu’il fait quelques pas dans le château, le reconnait avec plaisir, qui font toujours fureur outre-Manche. Même si les Français ne connaissent pas William Morris, ils remarquent forcément les motifs à un moment ou à un autre. Leur réaction est souvent la même : ils en saluent la valeur esthétique mais n’en voudraient pas chez eux alors que les Britanniques voudraient en mettre partout, si ce n’est pas déjà le cas.

Dans tous les cas, les visiteurs, petits ou grands s’imprègnent de William Morris même s’ils n’observent pas consciemment et intellectuellement son travail.

La médiation culturelle directe permet aussi de mettre en valeur le travail de William Morris. Chaque visite guidée du château est l’occasion, au moins, de l’évoquer.

L’une d’entre elles, intitulée « Créer un intérieur victorien chez soi » est régulièrement proposée. Cette visite, entièrement tournée vers les arts décoratifs, rencontre souvent un grand succès et les visiteurs y viennent munis de leur carnet de notes pour y écrire toutes les références de papier peint, de rideaux, de carrelage, de peinture, utilisés dans le château. Ce sont souvent des visiteurs qui ont déjà une sensibilité vis-à-vis des arts décoratifs vintage et British.

Les motifs William Morris sont aussi mis en valeur auprès des enfants. En effet, les animaux, les végétaux qui y sont représentés avec véracité peuvent être reconnus par les plus jeunes et sont un bon support pour développer leur sens de l’observation. Ainsi des jeux de pistes ont été imaginés (ex. : livret « Des renardeaux dans le château »).

Les motifs en eux-mêmes, de par leur esthétisme, sont utilisés sur les supports de médiation (ex. livret « La nature dans le château et le jardin » classe patrimoine).

Enfin, en collaboration avec le musée La Piscine, qui nous accueille aujourd’hui, les collections ont accueilli ces deux derniers mois, les œuvres de quatre artistes contemporains dont le travail fait écho à celui de William Morris.

  • Luke Newton dans le fumoir : Like Me Like You

La figure du chevalier est très en vogue au XIXe siècle, en témoignent les œuvres néo-médiévales du fumoir et les romans de Morris. Luke Newton montre qu’elle a toujours un impact quand il s’agit de dénoncer les maux de notre société de consommation numérique. Il y a une comparaison à faire également dans sa manière de travailler sur le processus de fabrication et de création.

  • Odile Levigoureux dans la salle à manger : Le jardin de Jheronimus Bosch II

Les œuvres de la céramiste ne sont pas seulement des démonstrations de force de sa technique mais sont aussi généreuses dans ce qu’elles ont nous offrir à observer et à penser. Dans un esprit baroque, l’artiste invite le jardin à envahir la pièce, jusqu’à son centre – la table. En son temps, William Morris a fait de même en témoigne le décor très végétalisé de la salle à manger.

  • Hugo Laruelle dans la bibliothèque:

Pour l’exposition sur William Morris, l’artiste plasticien a travaillé sur une interprétation visuelle du roman Le Lac aux Îles enchantées. L’atelier d’Hugo Laruelle rappelle les liens de Morris avec la fiction fantasy : les modèles posent sur les fabrics Morris et se confondent avec la Nature et ne sont plus tout à fait humain. 

  • Marilyn Feltz dans la chambre :

Marilyn Feltz est une autodidacte comme William Morris. Elle a appris la couture seule et a monté sa propre entreprise. Son travail de création se rapproche également William Morris car elle utilise des tissus nobles, de belle qualité. Enfin, son ambition est de rendre accessible ses créations à tous les types de femmes, quel que soit leur morphologie. Permettre à toutes d’accéder au beau. Elle est en cela la digne héritière de Morris.

La présentation de ces œuvres a permis pendant près de deux mois de centrer la visite guidée sur William Morris, sa vie, ses combats, son œuvre dans toute sa diversité car le château présente ce qu’il a réalisé dans le domaine des arts décoratifs mais il est difficile de parler du reste.

Le public, petit ou grand, a évidemment réagi à cette présentation. Appréciant esthétiquement les œuvres mais aussi découvrant la complexité de William Morris.

Nous avons aussi organisé quelques conférences en lien avec William Morris : celle de William Blanc notamment que vous avez eu le plaisir d’entendre ici également le mois dernier. Elle a connu un honorable succès.

Conclusion

La présentation du château d’Hardelot et de William Morris arrive maintenant à son terme. J’espère avoir réussi à vous faire découvrir à quel point ce site culturel est imprégné de culture britannique, à quel point il le respire et essaie de le faire respirer aux visiteurs. Le travail de William Morris fait partie intégrante de notre muséographie et de notre vision de ce que doit être un musée : mettre en valeur l’artisanat, ravir les yeux par l’esthétisme et aiguiser les connaissances par des choix de présentation éclairés. Il s’agit d’une véritable philosophie de travail que nous cherchons à mettre en œuvre chaque jour. Les intérieurs du château ne sont pas seulement, même si c’est important, un joli décor. Nous cherchons à faire en sorte que chaque visiteur s’y sente bien et y passe un bon moment, simplement, tout en apprenant des choses.

Bibliographie

  • Sylvette Botella Gaudichon (Dir.), William Morris, l'art dans tout, Sylvana éditions, octobre 2022 (catalogue de l'exposition présentée du 8 octobre 2022 au 8 janvier 2023 au musée La Piscine de Roubaix)
  • William Morris, L'art et l'artisanat, éditions Rivages, poche, petite bibliothèque, 2011