Château d'Hardelot - Pas-de-Calais le Département - Le
Les informations contenues dans cette page ne sont valables avec certitude que jusqu'à cette date et heure.

Votre opposition au dépôt des cookies de mesure d'audience a été prise en compte. Masquer ce message

Visite du château d'Hardelot au fil du temps

Publié le 8 avril 2020

Au XIe siècle se tenait, au beau milieu d’un site marécageux, une fortification de bois, demeure du seigneur et symbole de son autorité. Les marécages, défense naturelle, entouraient deux îlots clos d’une muraille de bois, l’un constituant la basse-cour, l’autre la haute-cour. La basse-cour était vouée aux services et permettait une vie en quasi-autarcie : potager, étable, porcherie, écuries, four et divers bâtiments agricoles. La haute-cour comprenait la tour du seigneur, sorte de donjon de bois accueillant le logis seigneurial, la cuisine, le grenier à blé et le garde-manger. Il constitue également le dernier lieu de retranchement en cas d’attaque. Les deux îlots étaient reliés par un pont de bois fixe.

Au XIIIe siècle, le Comte de Boulogne Philippe Hurepel a fait édifier un puissant château-fort de pierre. Son père, le Roi de France Philippe-Auguste, souhaitait en effet conforter ses territoires à l’Ouest et au Nord et se prémunir des velléités du Roi d’Angleterre (Richard Cœur de Lion, puis Jean-sans-Terre) et à limiter la puissance de la Flandre. C’est dans ce contexte qu’ont été construits les châteaux de Montreuil-sur-Mer et d’Hardelot. La construction du château est achevée dans un climat politique tendu, Hurepel s’étant ouvertement opposé à la mère de son jeune neveu Louis IX, la reine-régente Blanche de Castille.Le château-fort était alors une enceinte fortifiée de forme polygonale, composée de 10 imposantes tours reliées par de hautes courtines (murs). Un châtelet d’entrée muni d’un pont-levis, d’une herse et d’un assommoir en commandait l’accès.

En 1615, la régente catholique Marie de Médicis, mère du jeune Louis XIII, a envoyé son favori, l’ambitieux et très contesté Maréchal d’Ancre, Concino Concini, assiéger le château d’Hardelot. Le château était devenu un fief de protestants belliqueux et appartenait alors au Marquis de Bonnivet, qui a déplu à la reine de telle sorte qu’il est accusé de lèse-majesté. Il semble que le siège ait été particulièrement rude, laissant le château en bien triste état. Mais Bonnivet est parvenu à s’enfuir à Londres, laissant sur place femme et enfants… La Régente a ordonné alors le démantèlement du château en signe de soumission totale à son autorité. Une ferme est élevée quelques temps après dans l’enceinte médiévale ruinée.

Au XIXe siècle, des propriétaires anglais se succèdent et « remodèlent » le lieu. Sir John Hare reconstruit le donjon en 1855 et entreprend des fouilles archéologiques. Henry Guy, ensuite, fait construire entre 1865 et 1872 le manoir que l’on visite de nos jours pour y vivre avec sa famille.

En 1896, à la mort d’Henry Guy, le château a été vendu à John-Robinson Whitley. Celui-ci, industriel mais également co-fondateur du Touquet-Paris-Plage, souhaitait créer une nouvelle station balnéaire afin d’y accueillir la gentry britannique et française. Il a créé en 1905 la Société Anonyme d’Hardelot, le golf est inauguré en 1906 par le duc d’Argyll, beau-frère du Roi d’Angleterre EdwardVII. Elle a pris le nom du château : Hardelot-Plage est née.

À sa mort en 1958, l’Abbé Bouly a légué le château à l’Association des Loisirs d’Hardelot, puis, en 1986, le château est racheté par la commune de Condette. Mais le mérule a été découvert dans la charpente et les murs, contraignant la commune à fermer totalement le site en 1994. La gestion du château a alors été confiée au Département du Pas-de-Calais qui, après une vaste campagne de travaux destinée à sauver les bâtiments, a inauguré en 2009 le Centre culturel de l’Entente cordiale. Ce lieu patrimonial est désormais dédié à la culture, aux arts et à l’histoire étonnante des relations franco-britanniques.

LA VIDÉO EN VERSION COMPLÈTE :